En résumé, en 30 secondes
Un décret du 9 août 2026 oblige désormais les EHPAD à rendre publics trois indicateurs : taux d'encadrement, absentéisme et rotation du personnel.
Objectif : permettre aux familles de comparer les établissements sur l'humain, pas seulement sur le prix.
Mais le vrai enseignement est ailleurs : 8 Français sur 10 veulent vieillir à domicile, et près de 7 sur 10 jugent l'action publique insuffisante.
Bonne nouvelle : rester chez soi en perte d'autonomie est possible. À condition d'être bien coordonné — c'est tout le rôle du care manager.
L'actualité
Ce que change le décret du 9 août 2026
Publié au Journal officiel le 9 août 2026 et entré en vigueur dès le lendemain, le décret n° 2026-760 applique la loi « Bien vieillir » de 2024. Il impose à chaque EHPAD de transmettre chaque année à la CNSA — puis de rendre publics — trois indicateurs jusqu'ici difficiles d'accès :
Le taux d'encadrement
Combien de soignants réellement présents par résident. La réponse chiffrée au temps d'attention réel accordé à chaque personne.
Le taux d'absentéisme
Un révélateur des conditions de travail et de l'épuisement des équipes. Un fort absentéisme pèse directement sur la prise en charge.
Le taux de rotation
Le turn-over des équipes. Un renouvellement permanent, c'est la perte des repères et de la continuité pour des personnes âgées fragiles.
Pourquoi c'est important : pour la première fois, les familles pourront comparer les établissements sur la réalité humaine de l'accompagnement, et plus seulement sur le prix ou le confort hôtelier. Un indicateur défavorable n'est pas une condamnation, mais il invite à poser les bonnes questions.
Le vrai signal
Ce que révèle ce besoin de transparence
Si l'on impose autant de transparence sur le fonctionnement des EHPAD, c'est que la confiance est fragile. Et les chiffres relayés par la presse le confirment :
8/10
Français veulent vieillir à domicile, pour eux ou leurs proches
~7/10
estiment que les pouvoirs publics n'en font pas assez pour les EHPAD
2,8 M
de personnes en perte d'autonomie attendues en France en 2030
Le message est clair : l'immense majorité des Français ne rêvent pas d'une place en établissement. Ils veulent rester chez eux, dans leur environnement, avec leurs repères. La question n'est donc pas seulement « comment améliorer les EHPAD ? », mais aussi « comment rendre le maintien à domicile vraiment possible ? ».
L'alternative
Rester chez soi : possible, mais à une condition
Bonne nouvelle : même en perte d'autonomie, rester à domicile est souvent possible. Les solutions existent — auxiliaires de vie, soins infirmiers, aménagement du logement, téléassistance, portage de repas. Le vrai défi n'est pas de trouver ces intervenants. C'est de les coordonner.
Le piège du « chacun dans son coin »
Sans coordination, le maintien à domicile devient vite un casse-tête pour la famille : une auxiliaire le matin, une infirmière qui passe sans se parler avec le médecin, un kiné qui change les horaires, des aides financières qu'on ne pense pas à demander... Et un proche épuisé qui essaie de tout gérer à distance.
C'est exactement là que le maintien à domicile échoue le plus souvent — non par manque de moyens, mais par manque de chef d'orchestre.
Le care manager : le chef d'orchestre du domicile
C'est précisément le rôle du care manager. Là où l'EHPAD centralise tout sous un même toit, le care management recrée cette coordination... mais chez la personne, dans son propre domicile. Concrètement :
Il coordonne tout le monde
Auxiliaires, infirmiers, médecin, kiné, aides techniques : un seul interlocuteur orchestre l'ensemble, pour que chacun travaille dans le même sens.
Il assure la continuité
Fini le défilé d'intervenants inconnus : un binôme dédié qui connaît la personne. La stabilité que le turn-over des EHPAD ne peut pas toujours offrir.
Il anticipe les risques
En repérant les signaux faibles (perte d'appétit, isolement, chute d'état général) avant qu'ils ne deviennent des crises ou une hospitalisation.
Il soulage la famille
Les proches redeviennent des enfants ou des conjoints, plutôt que des gestionnaires de planning épuisés. La charge mentale est déléguée.
En somme, le care management apporte à domicile ce que les familles recherchent en établissement — encadrement, continuité, attention — mais dans le lieu que 8 Français sur 10 préfèrent : chez soi.

Caroline Gastaud
Infirmière, co-fondatrice et créatrice de la méthode PEPS - Autrement Senior
« Ce décret est une bonne chose : les familles méritent la transparence. Mais il rappelle surtout une évidence de terrain : les gens veulent rester chez eux. Notre métier, c'est de rendre ce souhait réalisable et sûr, en coordonnant tout autour de la personne. Le domicile n'est pas un pari risqué quand il est bien organisé. »
Questions fréquentes
Quels sont les nouveaux indicateurs obligatoires des EHPAD en 2026 ?
Depuis le décret n° 2026-760 publié au Journal officiel le 9 août 2026, chaque EHPAD doit transmettre chaque année à la CNSA trois indicateurs rendus publics : le taux d'encadrement des résidents (personnel médical, paramédical et socio-éducatif), le taux d'absentéisme du personnel et le taux de rotation (turn-over). Ces données s'ajoutent aux informations tarifaires déjà publiées.
Pourquoi ce décret est-il important pour les familles ?
Parce qu'il permet de comparer les établissements sur la réalité humaine de l'accompagnement, et pas seulement sur le prix. Un fort absentéisme ou un turn-over élevé peuvent signaler des conditions de travail difficiles et une instabilité qui affecte la continuité de la prise en charge.
Combien de Français souhaitent vieillir à domicile ?
Selon les données relayées dans la presse, environ 8 Français sur 10 souhaitent vieillir à domicile, pour eux-mêmes ou pour leurs proches. Près de 7 sur 10 estiment par ailleurs que les pouvoirs publics n'en font pas assez pour améliorer la situation en EHPAD.
Le maintien à domicile est-il une vraie alternative à l'EHPAD ?
Oui, dans de nombreuses situations. Avec une coordination adaptée, une personne âgée en perte d'autonomie peut rester chez elle en sécurité : auxiliaires de vie, soins infirmiers, aménagement du logement, téléassistance. La difficulté n'est pas de trouver les intervenants, mais de les coordonner : c'est le rôle du care manager.
Qu'apporte un care manager pour le maintien à domicile ?
Il coordonne l'ensemble des intervenants et des démarches : auxiliaires de vie, lien avec les soignants et le médecin, aménagement du domicile, aides financières. Il assure la continuité (un binôme dédié plutôt qu'un défilé d'intervenants) et anticipe les situations à risque, pour un maintien à domicile serein et durable.
Sources : Journal officiel (décret n° 2026-760 du 8 août 2026), franceinfo, CNSA, loi n° 2024-317 du 8 avril 2024. Chiffres d'opinion relayés par la presse (baromètre pour le Synerpa). Article d'information générale.
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